Sciences cognitives & développement durable

30.05.2016

À l’occasion de la Semaine Européenne du Développement Durable, Scalp! décortique nos comportements et nous aide à les rendre plus écologiques grâce aux sciences cognitives. 

 

 

1. Un problème ? Quel problème ?

 

Devant la menace environnementale, beaucoup se voilent la face, qu’ils soient dirigeants ou simples citoyens. Certains travaux de psychologie cognitive se sont penchés sur cette question et ont montré que l’esprit humain a du mal à percevoir et à se représenter la menace environnementale car elle est différente des menaces auxquelles les hommes ont dû faire face pendant toute l’histoire de l’humanité. Au cours de son évolution, l’être humain a surtout été confronté à des menaces directes et immédiates comme des animaux dangereux ou des parasites. Son cerveau a évolué pour réagir à ce type de menaces et non à des dangers invisibles, éloignés dans le temps et l’espace comme la crise environnementale. Pour la même raison, les conséquences souvent lointaines des actions en faveur de l’environnement constituent un frein à leur adoption. Une bonne manière d’aider les humains à adopter des comportements écologiques serait donc de leur montrer la menace environnementale et les conséquences de leurs actes.

 

 

2. Pour cette fois, c'est pas grave...

 

Comment expliquer que l’on puisse trier ses ordures et aller au travail en 4x4 ? Derrière ces actions irrationnelles, en contradiction avec nos autres actes et nos autres croyances se cache un phénomène cognitif bien connu : la dissonance cognitive. Ce processus nous permet de vivre avec des croyances parfois contradictoires et de résoudre des tensions internes. Toutefois, elle nous permet aussi d’adopter, sans trop de remords, des comportements anti-écologiques, même si l’on connait leurs conséquences néfastes. La meilleure façon de combattre la dissonance cognitive est d'en prendre conscience. Nous pouvons identifier les moments où la dissonance cognitive est utilisée pour justifier nos actions ou celles des autres, et demander des explications spécifiques rationnelles à ses situations ("comment le tri des ordures compense-t-il les allers-retours en 4x4 ?"). Contrer la dissonance cognitive de cette manière peut ainsi permettre de réduire efficacement le nombre de comportements anti-écologiques.

 

3. J'ai honte!

 

L’être humain a toujours vécu en société et il a toujours dû faire bonne figure pour ne pas être exclu de sa communauté. En conséquence, notre cerveau réagit vivement à ce qui menace notre réputation. La honte est ainsi un levier efficace pour faire changer les comportements. Les campagnes publicitaires contre certaines entreprises et les réactions qu’elles ont provoquées en sont l’exemple. Les réseaux sociaux ont également démontré leur grande capacité à modifier les comportements en pointant simplement du doigt les tricheurs environnementaux. Jouer sur la réputation en rendant publiques les situations où il serait trop tentant d’abîmer l’environnement pourrait donc faire rapidement changer les comportements, au niveau individuel comme au niveau collectif.

 

 

Envie d’en savoir plus ? Retrouvez nos conférences sur ces trois questions ici !

 

 

 

 

 

 

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