Sciences cognitives & foot - Épisode 2

17.06.2016

Impossible de passer à côté, du 10 juin au 10 juillet se déroule en France l'Euro de foot 2016. Pendant un mois 24 équipes européennes donneront tout sur les terrains de France pour tenter de remporter le Graal du football européen. C'est l'occasion de regarder à la lumière des sciences cognitives ce qui se passe dans le sport le plus pratiqué au monde !

Le plaisir d'être supporter

 

Cette semaine, nous nous plaçons du côté des spectateurs pour comprendre pourquoi les supporters aiment tellement chanter en cœur dans les stades. Pour les spectateurs, l'intérêt d'un match de foot n'est pas seulement dans le jeu, mais dans le fait de le regarder avec d'autres. Assister à un match est surtout un événement social. Aller au stade voir son équipe jouer, se fondre dans la foule des supporters et crier à l'unisson des chants de soutien à son équipe est essentiel pour tout supporter. Au milieu de la foule, les spectateurs ont l'impression de perdre leur individualité, de se fondre dans le public, de faire partie d'une entité immense, un être géant composé de tous les supporters qui chantent en cœur. Cet effet de perte du soi dans un groupe social est euphorisant et nous rend tous les autres supporters sympathiques. Comment expliquerce lien social fort créer entre supporters dans les stades ?

 

 

Des chercheurs en sciences cognitives ont étudié comment les relations entre inconnus changent après avoir fait une action ensemble, comme chanter en coeur. Dans une expérience, Des participants devaient soit chanter à l'unisson soit chanter sur différents tempos. Ceux ayant chanté à l'unisson se trouvaient mutuellement plus sympathiques, plus digne de confiance étaient plus prêts à s’entraider, et même financièrement. Ce phénomène s'observe aussi lors des matchs : chanter en chœur fait tomber les barrières entre supporters qui ne se connaissent pas, tout le monde fête les victoires ensemble, et se console dans la défaite.

 

Mais cet effet est très spécifique et ne s’observe que lorsqu’un groupe de personnes réalise exactement la même action au même moment. Ainsi chanter en canon, chanter en duo des partis différentes d'une chanson ne provoquera pas cet effet. En revanche, toutes les actions faites simultanément par un groupe renforceront les relations sociales : tous ceux qui taperont dans leurs mains, chanteront, crieront, sauteront en même temps pour encourager leur équipe finiront par se trouver plus sympathiques et auront plus tendance à s'entraider.

 

Comment expliquer que des supporters inconnus s'entraident plus après avoir chanté en cœur "I will survive" ? De manière générale, certaines activités sociales fondamentales permettent à des inconnus de s'accepter dans leurs groupe social, et de se faire confiance. Ses activités aurait un mécanisme en commun: la sécrétion d'hormones appelées endorphines. Les endorphines sont des hormones qui provoquent du bien être et qui augmente la tolérance à la douleur. Ce sont ces même hormones qui font que nous nous sentons bien après avoir fait du sport, ou (à des doses bien plus importantes) après des rapports sexuels. Il a été montré que ces hormones sont sécrétées de manière importante lorsque l'on chante à l'unisson. C'est peut être ces hormones qui seraient responsables du sentiment d'euphorie que ressente les supporters quand ils chantent ensemble dans les tribunes. C'est pour cela qu'assister à un match en groupe, supporter une équipe ensemble ou sauter de joie ensemble après un but fait partie intégrante du plaisir de voir un match.

 

 

Références:

Willermuth & Heath 2009, Psychological Science, Synchrony and cooperation

Reddish et al. 2013, Plos One, Let's dance together: Synchrony, Shared Intentionality and cooperation 

Cohen et al. 2009, Biology Letters, Rower's high: behavioral synchrony is correlated with elevated pain thresholds

 

 

 

 

Please reload

Brèves

Please reload